Enfin, pas tout seul.
Ce que les éditeurs de BI oublient de vous dire sur les tableaux de bord.
Vous avez peut-être déjà entendu parler de Power BI.Microsoft le vend comme l'outil miracle pour "transformer vos données en insights". 350 000 entreprises l'utilisent. Les consultants en font des démos impressionnantes avec des graphiques qui bougent dans tous les sens.
Et pourtant, la plupart des projets BI échouent ou déçoivent.
Pas parce que l'outil est mauvais. Parce qu'on attaque le problème par le mauvais bout.
Le vrai problème n'est pas l'outil
Gartner estime que 60 à 70% du temps d'un projet BI est consacré à la préparation des données. Pas à créer des jolis graphiques. À nettoyer, structurer, réconcilier des données qui viennent de partout.
Vos données sont probablement dans cet état :
• Le commercial qui a son propre Excel avec "sa" version du CA
• La compta qui sort des chiffres différents de l'ERP
• Les codes clients qui ne matchent pas entre le CRM et la facturation
• Le fichier "FINAL_v3_corrigé_DEF.xlsx" qu'il ne faut surtout pas toucher
Power BI ne va pas régler ça. Si vous branchez un outil de visualisation sur des données incohérentes, vous aurez des graphiques incohérents. Plus jolis, mais toujours faux.
Ce que Power BI fait vraiment bien
Une fois qu'on a compris ça, parlons de ce que l'outil apporte réellement.
Power BI est un outil de visualisation et de partage de données. Il excelle dans trois domaines :
1. Connecter des sources hétérogènes
Plus de 100 connecteurs natifs : SQL Server, Oracle,Salesforce, SAP, fichiers Excel, API REST, SharePoint, Google Analytics... Vous pouvez croiser des données qui n'ont jamais été rapprochées avant.
2. Créer des tableaux de bord interactifs
Des visuels qui réagissent aux clics, des filtres dynamiques, du drill-down. Un directeur peut voir le CA global puis cliquer pour descendre par région, par commercial, par produit. Sans demander à quelqu'un de refaire un export.
3. Partager et collaborer
Publication dans le cloud, accès mobile, intégration Teams.Le même rapport consulté par 50 personnes, avec chacun ses droits d'accès. Fini les emails avec le fichier Excel "pour info".
Combien ça coûte vraiment ?
Microsoft affiche 14$/utilisateur/mois pour Power BI Pro(augmentation de 40% en avril 2025, passé relativement inaperçu). Ça paraît raisonnable.
Ce qu'on vous dit moins :
• Toutle monde doit être licencié. Celui qui crée le rapport ET ceux qui le consultent. Une équipe de 30 personnes = 30 licences = 420$/mois = 5 000$/an.
• La limite de 1 Go par dataset. Au-delà, il faut passer à Premium Per User(24$/mois) ou Premium Capacity (à partir de 4 995$/mois).
• Le coût caché de la préparation. Le temps passé à nettoyer vos données, à construire le modèle, à former les utilisateurs. C'est là que le budget explose.
Ceci dit, Power BI reste l'outil BI le moins cher du marché à fonctionnalités comparables. Tableau démarre à 115$/utilisateur/mois. Qlik à 825$/mois pour une équipe.
Les limites qu'il faut connaître
DAX est complexe. Le langage de formules de Power BI permet des calculs puissants, mais la courbe d'apprentissage est raide. Pour des besoins simples, pas de problème. Pour des calculs métier sophistiqués, il faut de la compétence.
L'intégration Microsoft est à double tranchant. Si vous êtes sur Microsoft 365 et Azure, c'est fluide. Si vous êtes sur GoogleWorkspace ou AWS, c'est moins naturel.
Power BI ne structure pas vos données. Il les affiche. Si votre source est mal organisée, le rapport le sera aussi.
Et Fabric dans tout ça ?
Microsoft pousse désormais Fabric, une plateforme qui englobe Power BI. Forrester l'a classé Leader des Data Fabric Platforms en Q4 2025. 28 000 organisations l'utilisent.
En clair : Fabric, c'est ce qui manquait à Power BI. Un endroit unique (OneLake) pour stocker, transformer, gouverner vos données AVANT de les visualiser.
Fabric inclut l'ingestion de données, le data warehouse, le traitement temps réel, la data science, et Power BI pour la visualisation. Tout intégré, tout connecté.
Pour qui ? Les ETI et grandes PME qui ont des données distribuées et des enjeux de gouvernance. Pour une PME de 30 personnes avec des besoins simples, Power BI seul peut suffire.
Les alternatives existent
Power BI n'est pas le seul choix. Voici comment les autres se positionnent :

Notre avis : si vous êtes sur Microsoft, Power BI est le choix logique. Le rapport fonctionnalités/prix est imbattable. Les autres sont pertinents dans des contextes spécifiques(Google Cloud, besoins de visualisation très avancés, budget zéro avec compétences techniques).
Trois situations qu'on rencontre souvent
"On passe 3 jours par mois à faire le reporting"
PME industrielle, 50 salariés. Le contrôleur de gestion compile manuellement les données de l'ERP, de la production et des RH. Trois jours de travail chaque mois. Risque d'erreur. Chiffres obsolètes dès qu'ils sont publiés.
Après Power BI : connexion directe aux sources,rafraîchissement automatique quotidien, tableaux de bord accessibles en temps réel. Le contrôleur de gestion passe 3 jours à analyser au lieu de compiler.
"Chaque commercial a ses propres chiffres"
Société de services, 100 salariés. Pas de vision consolidée des ventes. Chaque commercial suit son activité dans son coin. Les réunions commerciales tournent au débat sur qui a les bons chiffres.
Après Power BI : une source unique connectée au CRM.Chaque commercial voit ses chiffres filtrés. Le directeur commercial a la vision globale. Fin des discussions stériles, début des discussions stratégiques.
"Le DG veut tout voir d'un coup d'œil"
Groupe retail, 200 salariés, 15 points de vente. Le DG reçoit des emails de chaque magasin avec des fichiers Excel. Impossible de comparer, impossible de réagir vite.
Après Power BI : un dashboard sur tablette avec le CA consolidé, le panier moyen, les écarts vs N-1. Clic sur un magasin pour voir le détail. Le DG consulte ses indicateurs au petit-déjeuner.
Alors, on fait quoi ?
Power BI est un bon outil. Mais c'est un outil de visualisation, pas une solution miracle.
Avant de parler de tableaux de bord, il faut parler de données :
1. Quelles sont vos sources ? Sont-elles fiables ?
2. Qui est responsable de quelle donnée ?
3. Comment les données sont-elles mises à jour ?
4. Quel est le modèle cible ? (et non, "tout dans un Excel" n'est pas un modèle)
C'est ce qu'on fait chez ITSystemes : on commence par un diagnostic de vos données avant de parler de tableaux de bord. Parce qu'un beau graphique basé sur des données fausses, ça reste des données fausses.



