En résumé. Un acteur malveillant affirme avoir récupéré près de 3 millions de numéros de téléphone liés à Bloctel, le service anti-démarchage, et les a publiés le 6 août 2026. Ces numéros donnent aux escrocs une liste toute prête pour des appels et des SMS piégés, un risque direct pour vos équipes qui manipulent des virements ou des accès.
Ce qui s'est passé
Le 6 août 2026, un pirate se présentant sous le nom de Cybernox a mis en ligne un fichier qu'il présente comme extrait de Bloctel, le service public qui permet aux particuliers de s'opposer au démarchage téléphonique. Selon les médias spécialisés qui ont examiné l'échantillon (ZATAZ, Universfreebox, KultureGeek, cyberattaque.org), les données contiennent surtout des numéros de téléphone et des identifiants internes, pour environ 3 millions d'enregistrements.
Deux précisions utiles. Un même utilisateur peut avoir inscrit plusieurs numéros, donc 3 millions d'enregistrements ne veulent pas dire 3 millions de personnes distinctes. Et à ce stade, ni Bloctel, ni l'organisme qui le gère, ni la DGCCRF n'ont confirmé officiellement l'incident. La revendication tombe à un moment particulier : Bloctel ferme le 11 août 2026, remplacé par un régime où une entreprise doit obtenir votre consentement avant de vous appeler à des fins commerciales.
Suis-je concerné ?
La bonne nouvelle : ce fichier ne contient pas de mots de passe, pas d'IBAN, pas de données bancaires. Le risque n'est donc pas qu'un compte soit piraté directement à cause de cette fuite.
Le risque réel est ailleurs. Un numéro de téléphone valide, c'est la matière première des arnaques par téléphone et par SMS. Si un dirigeant, un comptable ou un assistant de direction a un jour inscrit son numéro professionnel sur Bloctel, ce numéro peut se retrouver dans la liste. Les escrocs s'en servent pour appeler en se faisant passer pour un fournisseur, la banque, le support informatique ou le dirigeant lui-même. La voix clonée par IA rend ces appels encore plus crédibles, comme on le voit dans les cas de fraude au président par deepfake vocal. Un numéro connu ne prouve jamais l'identité de celui qui appelle.
Que faire maintenant
1. Prévenez les personnes exposées. Comptabilité, direction, standard, assistanat : ce sont les cibles des appels frauduleux. Dites-leur clairement qu'une hausse d'appels ou de SMS suspects est probable dans les prochaines semaines, et qu'un numéro affiché ne garantit rien.
2. Verrouillez la validation des paiements. Tout virement, tout changement d'IBAN ou de coordonnées fournisseur doit passer par une contre-vérification sur un canal connu (rappel sur le numéro officiel, validation à deux personnes). Aucune demande urgente reçue par téléphone ne justifie de contourner cette règle.
3. Signalez et filtrez. Les SMS frauduleux se signalent au 33700. N'invitez personne à rappeler un numéro inconnu insistant. Si vos mobiles professionnels le permettent, activez le filtrage des appels indésirables.
En bref
La fuite Bloctel expose des numéros de téléphone, pas des mots de passe. Le danger, c'est la vague d'appels et de SMS frauduleux qu'elle peut alimenter, et la fraude au virement qui va avec. Avec une règle simple de double validation des paiements et une équipe prévenue, ce type d'attaque se déjoue sans difficulté.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon numéro a fuité ? Il n'existe pas d'outil officiel de vérification pour cette fuite. Partez du principe qu'un numéro inscrit un jour sur Bloctel a pu être exposé, et appliquez les réflexes de prudence.
Faut-il changer de numéro de téléphone ? Non. Un numéro seul ne permet pas de pirater vos comptes. La bonne réponse est de renforcer la vérification des demandes sensibles, pas de changer de ligne.
La fin de Bloctel change-t-elle quelque chose ? Oui, dans le bon sens : à partir du 11 août 2026, une entreprise doit recueillir votre accord avant de vous appeler pour vendre. Les appels commerciaux non sollicités deviennent illégaux, ce qui aide à repérer plus vite un démarchage suspect.
— Samir Amara, CEO — IT Systèmes



