En résumé. Le service Drive d'Intermarché a subi une fuite touchant 287 605 clients, avec noms, coordonnées et informations de commande, mais ni mots de passe ni données bancaires. Le vrai risque pour une PME n'est pas direct : ce sont les campagnes de phishing très ciblées que ces données rendent crédibles.
Ce qui s'est passé
Le 3 août 2026, le groupement Les Mousquetaires, maison mère d'Intermarché, a confirmé une cyberattaque survenue fin juillet contre les fichiers clients du service Drive, la plateforme de commande en ligne et de retrait en magasin. L'enseigne dénombre 287 605 clients concernés, sur une base qui compte environ deux millions de comptes.
Les données exposées comprennent les nom et prénom, le numéro de téléphone, l'adresse postale, la date de naissance, le numéro de carte de fidélité et certaines informations de commande comme le numéro et le montant. Intermarché indique en revanche que les mots de passe, les adresses e-mail, les données bancaires et le montant des cagnottes fidélité ne sont pas touchés. L'enseigne a prévenu par courriel les clients concernés et alerté sur un risque accru de tentatives d'hameçonnage. Ces éléments ont été rapportés par Usine Digitale, Le Monde Informatique et Génération-NT.
Suis-je concerné ?
Une PME n'est pas cliente du Drive Intermarché, mais ses collaborateurs le sont souvent à titre personnel. C'est là que passe le risque. Avec un nom, un téléphone, une adresse et un historique de commande réels, un escroc construit un SMS ou un appel très convaincant : faux service client, colis à confirmer, litige de paiement. Un salarié mis en confiance sur sa vie privée baisse aussi sa garde au bureau.
Le danger monte d'un cran pour les dirigeants et les services comptables. Des données personnelles exactes servent à crédibiliser une usurpation d'identité, préparer une fraude au virement ou amorcer une prise de contact avant une demande urgente. Si votre entreprise réutilise les mêmes numéros ou adresses pour des comptes professionnels, l'exposition se prolonge côté pro.
Que faire maintenant
Trois réflexes, du plus immédiat au plus structurant.
1. Prévenez vos équipes aujourd'hui. Un message court suffit : une vague d'hameçonnage se réclamant d'Intermarché est probable, on ne clique sur aucun lien reçu par SMS ou e-mail, on passe par l'application ou le site officiel pour toute vérification.
2. Durcissez les demandes sensibles. Tout changement de coordonnées bancaires, tout virement inhabituel ou toute demande pressante se recoupe par un second canal connu (rappel sur un numéro de confiance). Rappelez la règle aux fonctions finances et achats.
3. Vérifiez vos propres bases clients. Si vous manipulez des données personnelles, faites le point sur le chiffrement, le cloisonnement des accès, l'authentification à plusieurs facteurs et la journalisation. C'est aussi le socle attendu par la directive NIS2 pour les entreprises concernées.
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En bref
La fuite Intermarché ne vise pas votre entreprise, mais elle alimente des arnaques mieux ciblées contre vos salariés et vos dirigeants. Un rappel de vigilance et une règle claire sur les demandes sensibles couvrent l'essentiel du risque. Avec les bons réflexes en place, ce type d'incident reste gérable.
Questions fréquentes
Nos données professionnelles ont-elles fuité ? Non, la fuite concerne les comptes personnels du Drive Intermarché. Le risque pour l'entreprise est indirect, via le phishing ciblant vos collaborateurs.
Faut-il changer nos mots de passe ? Aucun mot de passe n'a été exposé selon l'enseigne. Restez néanmoins attentif aux messages qui vous demanderaient d'en saisir un sur un lien reçu.
— Samir Amara, CEO — IT Systèmes



