En résumé. Le groupe ShinyHunters affirme avoir volé 21 millions d'enregistrements Salesforce chez l'éditeur français Questel, en passant non par une faille logicielle mais par un faux appel du support informatique. La technique vise toute entreprise qui utilise un CRM dans le cloud, PME comprises.
Ce qui s'est passé
Le 2 août 2026, ShinyHunters a inscrit la société parisienne Questel sur son site de fuites. Le groupe revendique 147 Go de données internes et plus de 21 millions d'enregistrements Salesforce contenant des données personnelles, avec un ultimatum fixé au 4 août pour entrer en contact avant publication. Questel édite des logiciels de propriété intellectuelle et de gestion de l'innovation. À ce stade, la véracité et l'origine exacte des données n'ont pas été confirmées de façon indépendante, et l'entreprise n'a pas communiqué de bilan public.
Ce cas s'inscrit dans une campagne suivie depuis des mois. Le 13 juillet 2026, Microsoft a détaillé la méthode du groupe : entre mi-2025 et mi-2026, ShinyHunters a détourné les connexions OAuth de Salesforce pour contourner l'authentification à deux facteurs et aspirer des bases clients. Trois portes d'entrée reviennent, dont un appel piégé au salarié, le vol de jetons d'accès chez un prestataire, et des accès invités mal configurés. Le plus courant reste l'appel. Un faux technicien du support guide l'employé dans un écran d'autorisation Salesforce et lui fait valider une application maquillée en outil légitime, souvent un faux « Data Loader ». Une fois l'appli connectée, l'attaquant lit et exporte les données sans jamais voler de mot de passe.
Suis-je concerné ?
Vous l'êtes si votre entreprise stocke des contacts, des devis ou des dossiers clients dans un CRM en ligne : Salesforce, mais aussi tout outil SaaS qui accepte des applications tierces via OAuth. La faiblesse exploitée n'est pas le logiciel, c'est le réflexe humain de dire oui à un « informaticien » au téléphone. Une PME fait même une cible pratique : moins d'équipe sécurité en interne, des salariés habitués à ce qu'un prestataire externe gère l'informatique, et des connexions applicatives rarement auditées.
Deux expositions par ricochet méritent votre attention. D'abord vos propres données clients, qui peuvent alimenter du phishing ciblé ou de la fraude au virement dans les semaines qui suivent. Ensuite les données confiées à un fournisseur : si l'un de vos prestataires SaaS se fait vider son CRM, vos informations peuvent partir avec, sans que vous soyez prévenu tout de suite.
Que faire maintenant
1. Passez en revue les applications connectées à votre CRM. Dans Salesforce comme dans la plupart des outils SaaS, un écran liste les applications autorisées via OAuth. Supprimez celles que personne ne reconnaît, en priorité tout « Data Loader » ou connecteur d'export installé récemment.
2. Prévenez vos équipes du scénario exact. Un vrai service informatique ne demande jamais de valider une autorisation en urgence pendant un appel. La consigne tient en une phrase : face à une demande d'autorisation par téléphone, on raccroche et on rappelle son contact interne habituel.
3. Restreignez qui peut connecter une application. Réservez l'installation de nouvelles applis connectées aux administrateurs, activez un MFA résistant au hameçonnage (clé physique ou passkey) et gardez une trace des autorisations OAuth. Ces réglages relèvent de l'hygiène d'un parc Microsoft 365 et Salesforce bien tenu.
Si personne ne suit aujourd'hui la gestion de vos accès et de vos connexions SaaS en interne, c'est le premier point à confier à votre infogérance. Vous pouvez faire un point rapide via notre page contact.
Un doute sur votre exposition ?
Faites le point avec un expert IT Systèmes
Audit rapide de votre exposition et des réflexes à mettre en place. Sans engagement.
En bref
ShinyHunters ne casse pas Salesforce, il convainc un salarié d'ouvrir la porte. La parade reste à portée de main : un ménage dans les applications connectées, une consigne claire aux équipes et un contrôle des autorisations. Quelques réglages suffisent à refermer cette porte, et une PME bien accompagnée s'en occupe sans y passer ses journées.
Questions fréquentes
Faut-il changer nos mots de passe Salesforce ? C'est une précaution utile, mais insuffisante seule : l'attaque passe par une application autorisée, pas par un mot de passe. Vérifiez d'abord les applis connectées.
Le MFA nous protège-t-il ? Pas dans ce cas : la victime valide elle-même l'accès, ce qui contourne le second facteur. Un MFA résistant au hameçonnage aide, mais la vigilance des équipes reste décisive.
— Samir Amara, CEO — IT Systèmes



